« Tu vas être ridicule si tu dis ça » ou encore « Pour qui tu te prends mon gars ? Tu n’es pas à la hauteur ma pauvre fille », « Tu vas te faire remarquer ». Plus connus sous le nom d’imposteur, de saboteur, de sauveur, de perfectionniste*, les tyrans qui nous pourrissent le quotidien prennent vie… dans la nôtre et nous nous retrouvons un jour à manquer d’espace pour respirer, pour créer, pour être satisfait et heureux. Ces tyrans se présentent notamment sous la forme de petites voix qui nous soufflent des mots doux comme
Mariage arrangé. Et puis, en tyrannie, pas de monogamie. Les tyrans apparaissent en groupe, squattent notre canapé, notre lit, partagent nos repas, parlent en même temps que nous, nous coupent la parole, nous font douter de nos décisions, nous empêchent de croire en nous, nous poussent à changer d’avis comme de chaussettes, voudraient qu’on soit quelqu’un d’autre pour être aimé et accepté.
Comment se débarrasser de ces squatteurs d’abord devenus colocataires, puis compagnons de vie, sans même que nous nous en soyons aperçus ? Pour reprendre le pouvoir, rappelons-nous qu’il s’agit bien d’un mariage malgré nous et non d’un mariage forcé. Tout à coup, nous vivons pour eux. Les tyrans intérieurs ont pris le contrôle sur notre façon de penser et influencent nos décisions. Ce mode de (sur)vie est devenu confortable et rassurant, parce qu’il compense nos failles et peurs.
Évasion. Nous faisons toujours de notre mieux. C’est épuisant de jouer un rôle en permanence, de tenter de correspondre aux attentes d’autrui, d’espérer gagner amour et reconnaissance à travers ce que l’on fait. D’essayer de se convaincre que tout ça est « juste », alors qu’à l’intérieur de nous cela sonne FAUX. C’est un boulot à temps plein. La première étape est donc une décision à prendre : nous devons choisir de changer la situation.
Attention, pas question ici de culpabiliser, mais d’ouvrir les yeux sur la réalité pour assumer les conséquences de nos actes. Bonne nouvelle : nous avons épousé nos tyrans, ils n’appartiennent pas à notre personnalité. Il nous suffit dès à présent d’établir l’inventaire de ce qui nous pourrit la vie, nous freine, nous fait douter de nous-mêmes ; puis de la vie que nous rêvons, seuls dans notre coin de la pièce, une fois les squatteurs rassasiés de nos denrées et ronflant tranquillement entre notre canapé et notre lit.
Vie rêvée. Le résultat recherché est l’écart entre ces deux listes, deux vies parallèles. C'est notre base de travail. À chaque fois que nous disons adieu à l’un de nos tyrans, nous pouvons remplir le vide créé par une action qui nous rapproche de notre vie rêvée. Le delta représente le champ des possibles pour une vie qui nous ressemble, une vie en paix, en sécurité. Une vie que nous construisons délibérément.



